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Site de recontre : Sur le Net ça drague sans les manières La drague en ligne rend-elle plus goujat que la drague tout court ? A force d'entendre des récits de mésaventures survenues sur le Net, on serait tenté de croire que les plus malotrus s'y sont donné rendez-vous. Et même si draguer, c'est toujours prendre le risque d'un râteau, les rencontres électroniques entre adultes consentants semblent accélérer la cadence. Comme si, entre cyber lovers , on se prenait pour des punching-balls.

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Rendons à César ce qui lui revient : le Net a déringardisé la recherche mécanique d'un partenaire, renvoyant dans les cordes agences matrimoniales et même Minitel rose. Avec quatorze millions de célibataires en France, dont rien que six millions inscrits sur Meetic, c'est sûr, ça se bouscule sur le réseau. «Draguer en ligne est devenu un mode de vie urbain», note une trentenaire. «Je croise des gens de tous milieux. C'est fou le monde qu'il y a là-dessus», constate un autre. Et c'est sans doute cette affluence qui autorise certains à zapper de coeur en coeur, multipliant les claques au passage. Certes, pas de quoi envoyer en camp de redressement. Mais, comme la drague électronique est narcissique par nature (on y évalue en permanence son sex-appeal virtuel), elle crée des blessures à l'amour-propre dont le galérien sentimental se passerait volontiers. Sauf quand il est aussi masochiste. Les filles (17,6 ans) rattrapent les garçons (17,2) pour l'âge du premier rapport sexuel, avec «dans les années 2000, une tendance à la baisse de quelques mois alors que cela ne bougeait pas depuis deux décennies», indique Michel Bozon. En un demi-siècle, l'entrée dans la vie sexuelle des hommes s'est abaissé d'un an et demi et celle des femmes de trois ans. «Les femmes de plus de 50 ans en couple (situation de la grande majorité des 50-69 ans) sont plus actives sexuellement. En 1970, une sur deux avait des rapports sexuels avec son mari (ou compagnon). Aujourd'hui c'est 9 sur dix, c'est devenu normal», relève Michel Bozon. Dans cette tranche d'âge, la fréquence des rapports sexuels a aussi augmenté (7 rapports/mois contre 5 en 1992) tandis qu'aucune évolution n'est observée chez les hommes du même âge (7 dans les deux enquêtes antérieures). Parmi les 18-69 ans ayant eu un partenaire dans l'année précédant l'enquête (87,2% des femmes et 91,4% des hommes), la fréquence des rapports est de 8,7/mois (identique pour les hommes et les femmes). Les femmes déclarent pour leur part plus de partenaires qu'autrefois (en moyenne 4,4 en 2006), mais toujours moins que les hommes (11,6, chiffre stable depuis 1970). «Les femmes ne comptent pas de la même manière que les hommes, commente Nathalie Bajos. Elles ne retiennent pas ceux qu'elles ne considèrent pas comme valorisants, par exemple ceux d'un soir. Alors que les hommes comptent tout.» Les femmes sont aussi plus nombreuses qu'avant à déclarer avoir eu des rapports homosexuels au cours de leur vie (4% contre 2,6% en 1992) tandis que la proportion reste similaire chez les hommes (4,1%). En revanche, «les représentations de la sexualité changent beaucoup moins que ne changent les pratiques», souligne Michel Bozon. Elles «sont plutôt dans le registre de l'affectif , de “la conjugalité“ pour les femmes, et dans le “besoin naturel“ pour les hommes», ajoute Nathalie Bajos. Ainsi, par exemple, les garçons de 18-24 ans sont deux fois plus nombreux que les femmes à considérer que le sexe peut se passer d'amour (57% contre 28%). «Ces différences de représentation continuent à être attribuées à la biologie alors qu'elles sont essentiellement socialement construites», estime la chercheuse en évoquant les rapports de force socio-économiques hommes-femmes. Ce «décalage» expliquerait notamment la difficulté pour certaines femmes à imposer le préservatif ou à bien vivre leur sexualité. Par ailleurs, près d'un tiers des jeunes de 18 à 24 ans se sont déjà connectés à des sites de rencontre sur Internet. Et un homme sur dix, entre 20 et 24 ans, prétend avoir déjà eu des rapports sexuels avec une personne rencontrée par Internet contre 6% des femmes. Cibler comme on choisit une pizza
«C'est la rapidité et la facilité qui créent des distorsions dans les relations humaines», théorise Florent, 40 ans, «cyber prétendant» depuis un an. Passons sur le fait que, pour dénicher l'âme soeur, chaque candidat effeuille des rubriques aussi glamour que «revenus», «niveau d'études», «nationalité», etc. Dans la vie normale, se renseigner ouvertement sur tout ça paraîtrait profondément indélicat. Mais sur le Net, on cible son partenaire comme on choisirait sa pizza : la pâte plutôt comme ci, la garniture plutôt comme ça... Preuve, si besoin était, du «côté consumériste de l'affaire», tranche Florent.

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La grossièreté semble enfler avec le nombre de soupirants. Sur Meetic, on peut cliquer sur l'icône «flash» pour signifier à quelqu'un qu'il est très attirant. «Certaines filles reçoivent jusqu'à 6 000 flashs en quelques semaines !» souligne un novice, effaré. Autant convenir qu'un tel succès est rare dans la rue. Et d'ailleurs, «quand un passant vous glisse un joli compliment à la sauvette, vous le gratifiez au minimum d'un sourire, rappelle ce poète urbain. Eh bien, pas sur le Net !» Comme si 6 000 flashs ne valaient finalement rien. «Encore un nul ! T'es qu'un raté !»

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Pour tenter l'approche, il y a le tchat qui revient grosso modo à engager la conversation avec des inconnus, comme on le ferait dans un bar bondé. «Autour de minuit, les sollicitations s'intensifient tellement sur le tchat que quinze mâles peuvent chercher à me parler au même moment», raconte une fille connectée depuis peu. Or, c'est difficile de se montrer poli avec autant de monde à la fois. Donc on jette, on cloue le bec. Parfois aussi on insulte, le tout en restant planqué derrière son écran. «Ce n'est pas parce que je suis connectée que je dois répondre à tout le monde, se défend Emma, 28 ans. Dans la vie aussi, ça m'arrive d'être indifférente.» Arrive le moment de la rencontre, toujours sidérant car : 1) Les gens ressemblent rarement à leur photo. 2) Même quand la conversation en ligne s'est bien engagée, «discuter en vrai revient à tout reprendre à zéro». Et là, certains déraillent. «Comme la seule expérience commune, ce sont les rencontres qu'on a faites, on commence souvent par ça», raconte Florent. Lui repère les «princesses» à leur façon de mettre la pression sur l'homme assis en face d'elles. Du genre : «Hier, j'ai eu un rendez-vous avec un avocat qui veut m'emmener en week-end dans un relais et château. Demain, je rencontre un chef d'entreprise qui me propose un baptême de l'air en hélico...» Vrai ou faux ? Peu importe. La princesse pratique la surenchère. Et l'homme s'épuise dans «cette compétition perpétuelle». Quand il se déclare hors course, les insultes fusent : «Encore un nul ! T'es qu'un raté !», etc. La même déveine existe bien sûr au rayon femmes. Après avoir fait le paon ou la danse du ventre plusieurs jours à base de courriels galants ou de tchats torrides, il arrive que l'être convoité disparaisse dans la nature, ne répondant plus à aucune invitation. «C'est qu'elle a simplement trouvé mieux et ne prend pas la peine de dire au revoir», souligne un «éconduit» récidiviste. Parfois, quand l'être sublimé réapparaît, c'est pour «s'emmêler dans ses fiches et te confondre avec quelqu'un d'autre». Et une vexation de plus. Double vie on line
Pour peu qu'une histoire s'enclenche, la fidélité semble une valeur toute relative. Bien que susurrant tous les jours des poèmes d'amour à leur nouvelle chérie, des séducteurs continuent de se connecter, draguant en ligne et distribuant des rendez-vous. Des mufles ? Pas pour les Américains qui ont mis au point une Netiquette spéciale drague (lire ci-contre). Mais quand Juju, parisienne de 36 ans, a réalisé que son nouvel amant menait une «double vie on line», elle a failli casser l'ordi. Pour en avoir le coeur net, dans la vie réelle, on planque dans la rue de son fiancé, on l'espionne à la sortie du bureau, on engage un détective privé. Sur l'Internet, il suffit de se créer plusieurs pseudos et de draguer éhontément son nouveau fiancé pour le pousser à faute, le prendre au piège. Un tel degré de perversion est d'ordinaire hors de portée, tant on peine à manier habilement plusieurs identités. Avec les nouvelles technologies, c'est juste bête comme choux. Mais ça peut aussi faire très mal. Ce n'est peut-être qu'une question de haut débit mais, comparée à la drague d'antan, on prend et on jette très vite sur le Net. D'ailleurs, les pires dragueurs des réseaux glissent dans leur annonce qu'ils cherchent l'amour «sans prise de tête» : dès que ça se complique, adios ! L'élégance est rare sur les sites de rencontres. Sauf qu'à errer de tchat en rendez-vous, souvent, le vague à l'âme rattrape les «cyber Dom Juan». mots clé : femme, femme sexy, gay, homme, lesbienne, lesbiennes, rencontre, rencontre coquine, rencontre couple, rencontre femme, rencontre fille, rencontre gay, rencontre gratuite, rencontre homme, rencontre lesbienne, rencontre sexe, rencontre sexy, sex, sexe, sexy, site de rencontre, site rencontre

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